Portrait # 8 : Le président de KAL, Patrice LELGOUARCH

Patrice LELGOUARCH est co-fondateur de Konk Ar Lab, et actuel président de l’association depuis 2019.
Il revient sur les 3 ans d’expérience du Fablab de la Baie, son développement rapide et les projets à venir, avec en ligne de mire l’ouverture en 2022 de Konk Ar Lab V2 au sein de la Maison France Services Place du marché à Kerandon.

Patrice, peux-tu te présenter ? 

J’ai toujours aimé bricoler, mais j’ai toujours détesté l’école ! A 22 ans, je n’avais pas grand chose, mais j’ai découvert les ordinateurs. j’ai pris les quelques économies que j’avais et j’ai créé ma boite d’informatique. Beaucoup étaient sceptiques, mais moi je voyais le potentiel du numérique. On voit ce que ça donne aujourd’hui. Si j’avais écouté ceux qui me disaient que ça n’allait pas marcher, je ne serais pas là. Le plus important, c’est d’essayer. Mais ça ne veut pas dire que ça a été facile. 

Au début, on cherche, on passe du temps… et au final on trouve les solutions pour avancer, et surtout on s’en rappelle ! Ça a été pareil pour ma maison. J’avais un terrain, mais pas d’argent. Alors j’ai décidé de la construire moi-même, sans savoir comment faire. J’ai mis 3 ans à la construire, j’ai fait des erreurs bien sûr, mais on apprend, on corrige. Ça fait 15 ans qu’elle est debout. Maintenant, si on me demande de construire une maison, je sais comment faire ! J’ai toujours fonctionné comme ça, l’apprentissage par l’erreur. Il ne faut jamais baisser les bras, toujours avancer. C’est un peu l’esprit du fablab aussi.

 

Comment a commencé l’aventure Konk Ar Lab ? 

J’ai rencontré Bilou [Rolland JOURDAIN] au Brésil, on a bien accroché. Il m’a dit que je devrais venir à Concarneau, qu’il connaissait pas mal de personnes bricoleuses et autodidactes comme moi. Ensuite j’ai rencontré Manu qui travaillait à Kairos, le LowTechLab, Olivier de CCA… C’était le début des imprimantes 3D, alors on a monté un petit projet ensemble, un atelier éolienne pour équiper le bateau du LowTechLab pour son voyage vers l’Asie du Sud-Est [projet Nomades des Mers]. On a fait ça dans l’e-bus de CCA, c’était super. Malheureusement elle n’a pas tenu le Golfe de Gascogne… Mais au moins, on l’a fait !

De là, on voulait faire quelque chose de plus sédentaire, pour partager tout ce savoir technologique, mettre en commun les machines et faire des projets ensemble. Alors on a créé Konk Ar Lab, avec Manu, Leïla, Olivier,… La même équipe déjà.

 

Et ensuite, tout s’est enchaîné … ?

Oui, on a vu un tsunami arriver, on ne s’y attendait pas du tout. Au début, on n’avait pas de vision sur l’avenir, pas de local, pas de machines, juste des idées. Dans un premier temps il fallait avoir un lieu, pouvoir faire des ateliers. A partir du moment où on a eu le local Rue des Charmes à Kérandon, tout s’est enchaîné. On a eu l’appui de CCA, le soutien de la Fondation de France, … Ça nous a permis de structurer le projet, de recruter Antoine, de créer des emplois. 

La première année passée, le plus dur est arrivé. Il a fallu rendre compte de l’argent obtenu avec la Fondation de France, la Fondation Orange, suivre les projets, les services civiques… Bien sûr on a eu des projets qui n’ont pas marché. Par exemple, la batterie du fauteuil électrique qu’on a fabriqué, elle n’a pas tenu mais on le savait. Mais pour nous, ce n’est pas la finalité du projet qui fait sa réussite. Des fois ça marche, d’autres fois non. L’important c’est de faire. Un projet réussi c’est un projet qui a été commencé. *

Récemment on a été labellisé Fabrique Numérique de Territoire par l’ANCT ! On espère que ça va continuer comme ça. L’important c’est de continuer à faire des projets, à avancer, avec nos partenaires. L’idée c’est d’essayer d’être présent sur un maximum de projets, tout en connaissant nos limites et en sachant réorienter.

 

Le COVID a un peu freiné le développement de l’association ? 

Oui, le COVID nous a fait un croche-pied, ça nous fait encore une autre marche à gravir, mais ça permet aussi de se poser et de faire le bilan de ces trois années qui sont passées très très vite. Il va falloir relancer tout ça quand on pourra, les ateliers, les projets… Mais depuis 6 mois on voit que le fablab roule bien, tout fonctionne.

 

Quels sont les projets pour l’avenir à Konk Ar Lab ? 

Pour 2021, l’objectif est de stabiliser notre modèle économique. On a créé des emplois, on fait vivre des personnes, alors on se doit de les maintenir. On doit leur garantir ce travail. L’un des axes de développement c’est de travailler davantage avec les professionnels, les entreprises du territoire. On ne peut pas tout miser sur les subventions publiques. 

On travaille également à la version 2 du fablab prévu Place du marché à Kérandon en 2022. Des locaux plus grands, mais toujours le même fonctionnement, avec un projet social qui est inscrit dans la pierre. Ça, ça ne peut pas changer. Toute personne, quel que soit son niveau de connaissance, pourra toujours venir expérimenter, apprendre ou fabriquer par elle-même.

 

Un mot du président ? 

Je ne veux pas être vu comme le Président de Konk Ar Lab. Si ce n’est pas moi ça sera un autre, c’est juste administratif. Quand je viens je suis là surtout pour aider les autres. Je suis un peu un “grand frère”, j’aide comme je peux.

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